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Cancer du sein: la technologie contre la méfiance



En 2018, 58 459 Françaises ont été diagnostiquées d’un cancer du sein. Et 12 146 en sont mortes … Au cours de sa vie, une femme sur huit risque de développer ce cancer.

Près de 80% d’entre eux se déclareront même chez celles qui n’ont ni antécédents familiaux ni prédispositions génétiques, alerte Brigitte Séradour, radiologue à Marseille et experte du dépistage à la Société séologieie franéieme

Pourquoi c'est important?

Le dépistage précoce, ax majeur de communication de la campagne "Octobre rose" qui débute ce mardi, permet, selon l’association Le Cancer du sein, de sauver des milliers de vies chaque année.

Un dépistage généralisé et gratuit est d’ailleurs mis en place depuis 2004 pour les femmes de 50 à 74 ans, la tranche d’âge la plus à risque car 75% des cancers du sein se déclarent après 50 ans.

Combien de femmes sont concernées?

Tous les deux ans, ce sont quelque 10 millions de Françaises qui sont invitées par courrier à faire une mammographie accompagnée d’une palpation mammaire.

Le but? Détecter de petites tumeurs qui ne sont pas encore palpables. Au final, 7 femmes sur 1,000 se verront diagnostiquer un cancer, estime Brigitte Séradour.

Mais près de 50% des Françaises n’adhèrent pas à cette invitation gratuite. "Certaines font un dépistage avec leur gynécologue, mais il y a aussi beaucoup de méfiance autour de cet examen", déplore la radiologue.

Au-delà du risque de faux positifs (une tumeur qui se révèle bénigne) ou de surdiagnostics (des lésions cancéreuses sont présentes mais elles n’auraient pas évolué vers un cancer), elles craignent l’exposition aux radiations.

Quelles solutions pour l'avenir?

Début novembre, les journées de la société française de sénologie et de pathologie mammaire vont tenter de remédier à ces craintes en esquissant le dépistage dans 10 ans.

Amélioration de l’imagerie numérique, utilisation de l’intelligence artificielle pour personnaliser l’exposition aux radiations en fonction du corps de la patiente, dépistage par la prise de sang … Ces pistes de travail seront au program de ces trois jours de congrès multidiscipl.

Autre ax de réflexion: le dépistage ciblé. "L’idéal serait de pouvoir proposer à chaque femme un dépistage en fonction du risque qu’elle a de développer un cancer", précise Brigitte Séradour.

Qu'est-ce que cela pourrait changer?

Une femme à risque pourrait ainsi se faire dépister tous les ans, contre tous les quatre ans pour une autre avec un risque plus faible.

Si, pour l'instant, le dépistage personnalisé est trop complimentary à meter en place à l'échelle de la campagne biannuelle, la radiologue estime qu'il pourrait permettre de toucher des femmes plus jeunes (10% des cancers du sein se déclarent avant 40 ans) et celles qui ne se font pas dépister par le plan national.

"Rien n’est encore abouti mais ces avancées pourraient améliorer la prise en charge des patientes et réduire la méfiance qui existe autour du dépistage du cancer du sein", espère Brigitte Séradour.

Justine benito


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